Danse dans les Nymphéas : François Chaignaud

François Chaignaud, chorégraphie, danse, chant
Adriano Spampanato, piano

Dans l'ellipse de la salle des Nymphéas, suggérant un infini miroitant autant que la courbe d'un écrin, François Chaignaud propose un programme de courtes pièces, renouant avec la tradition du récital - qui a joué un rôle majeur dans l'avènement d'une modernité chorégraphique au XXe siècle. À partir d'un répertoire contemporain de l'ondoiement contemplatif des Nymphéas, il imagine un récital hétérogène, pendant lequel des oeuvres historiques (musicales et chorégraphiques), d'Isadora Duncan, de Vaslav Nijinsky ou de Claude Debussy côtoient des dérives contemporaines inspirées par l'impression que ce moment artistique a laissé.

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François Chaignaud, L'Après-midi d'un Faune. Photo © Fondation Louis Vuitton / Martin Raphaël Martiq 2017

 

"À travers ce récital miniature, apparaissent l'étrangeté et l'actualité paradoxale de ces corps, de ces voix, qui, dans le premier tiers du 20e siècle, effrayés et fascinés par un monde en proie à des mutations inédites, ont rêvé de reconquérir une intensité propre. Ce Rêve paradoxal, déchiré entre la nostalgie d'un monde disparu, l'illusion du retour à un état de nature fantasmé, et le goût du voyage et de la contemplation, permet l'affirmation de la puissance sensuelle et sexuelle d'un corps anémié par le spleen et la vie moderne..."  François Chaignaud

Biographie
Né à Rennes, François Chaignaud est diplômé du CNSM de Paris en 2003 et collabore auprès de plusieurs chorégraphes, notamment Boris Charmatz, Emmanuelle Huynh, Alain Buffard et Gilles Jobin. Depuis He's One that Goes to Sea for Nothing but to Make him sick (2004) jusqu'à Думи мої (2013), il crée des performances dans lesquelles s'articulent danses et chants, dans les lieux les plus divers, à la croisée de différentes inspirations. S'y dessinent la possibilité d'un corps tendu entre l'exigence sensuelle du mouvement, la puissance d'évocation du chant et la convergence de références historiques hétérogènes – de la littérature érotique aux arts sacrés. Ses terrains de recherche s'étendent des précurseurs de la modernité chorégraphique du début du XXe siècle (Isadora Duncan) aux avant-gardes actuelles, et des techniques et symboliques du ballet classique aux danses urbaines et non scéniques.
Également historien, il a publié aux PUR L’Affaire Berger-Levrault : le féminisme à l’épreuve (1898-1905). Cette curiosité historique le conduit à initier des collaborations diverses, notamment avec la légendaire drag queen Rumi Missabu des Cockettes, le cabarettiste Jérôme Marin (Sous l'ombrelle, en 2011, qui ravive des mélodies oubliées du début du XXe siècle), l'artiste Marie Caroline Hominal (Duchesses, 2009), les couturiers Romain Brau et Charlie Le Mindu, le photographe Donatien Veismann, le vidéaste César Vayssié (The Sweetest Choice, 2015), le musicien Nosfell (Icônes, 2016) et l’artiste Théo Mercier (Radio Vinci Park, 2016). En 2017, il collabore à de nombreux projets, notamment avec l'artiste Brice Dellsperger pour Body Double 35, ou la réouverture du cabaret Madame Arthur.
Depuis 2005, un dialogue soutenu entre François Chaignaud et Cecilia Bengolea donne vie à des œuvres hétéroclites, présentées dans le monde entier. Ensemble, ils créent Pâquerette (2005-2008), Sylphides (2009), Castor et Pollux (2010), Danses Libres (2010), (M)imosa (2011), Altered Natives Say yes To Another Excess - Twerk (2012), Dub Love (2013), How slow the Wind, pour les danseurs de l’Opéra de Lyon (2014), Devoted, pour les danseurs du Ballet de Lorraine (2015), Dancehall Polyphony, pour les danseurs de la compagnie Tanztheater Wuppertal de Pina Bausch (2015) et DFS (2016).
À l’occasion de La Bâtie-Festival de Genève 2017 François Chaignaud crée en collaboration avec l’artiste Nino Laisné Romances inciertos, un autre Orlando, spectacle autour des motifs de l'ambiguïté de genre dans le répertoire chorégraphique et vocal ibérique. Il poursuit actuellement une recherche sur le chant chrétien antique et autour du répertoire d'Hildegarde de Bingen en collaboration avec Marie-Pierre Brébant. Il créera également, en mai 2018, une pièce pour le Ballet Carte Blanche (Norvège) en collaboration avec le couturier Romain Brau.