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Danse dans les Nymphéas : CCN de Montpellier / Languedoc-Roussillon

Christian Rizzo – CCN de Montpellier / Languedoc-Roussillon, b.c, janvier 1545, fontainebleau.

Il s'agit d'une étrange cérémonie où l'absolue perfection du geste dansé et de l'espace visuel et sonore donne vie aux plus ténébreux des fantasmes, avec une magnifique danseuse et une mystérieuse figure d'homme-lapin. Dans cette pièce envoûtante écrite par Christian Rizzo pour l’interprète Julie Guibert et revisitée pour l’espace des Nymphéas, le chorégraphe dessine un rituel d'une beauté plastique ahurissante dont il se garde bien de dénouer les secrets. Car les créations de Christian Rizzo composent une sorte de cabinet de curiosités dont l’histoire est toujours présente à l’esprit du chorégraphe.
Le titre – dont les initiales masquent le nom du sculpteur italien du XVIe siècle Benvenuto Cellini – fait référence à un moment difficile de sa vie et, conjointement, à l’histoire d’une statue et de son double.
Pour cette pièce, Christian Rizzo a imaginé une danse projetée dans l’espace, découpée par la nuit et des lumières pour "creuser la notion de lenteur, travailler sur la dimension calligraphique de l’écriture".

Interprète : Julie Guibert

b.c, janvier 1545, fontainebleau. est un solo taillé sur mesure pour Julie Guibert, interprète rencontrée au Ballet de lʼOpéra national de Lyon lorsque Christian Rizzo y a créé ni fleurs, ni ford mustang en 2004. Passée du Ballet du Nord, au Ballet Cullberg où elle a travaillé plusieurs années, et plus tard par la compagnie Russell Maliphant ou Yves-Noël Genod, elle a traversé lʼunivers de différents chorégraphes tels que Maguy Marin, Trisha Brown, William Forsythe, Mats Ek ou Philippe Decouflé. Fasciné depuis leur rencontre par son "incroyable intelligence physique du plateau", Christian Rizzo a imaginé pour elle cette pièce créée en 2007 comme une danse projetée dans l’espace, découpée par la nuit et des lumières.

Pour les salles des Nymphéas, Christian Rizzo reprend les lignes de force de cette pièce singulière qui soulève plusieurs questions :
"Qu’est-ce que la forme solo lorsqu’elle n’est pas dansée par soi-même ? Quel est le regard que je porte sur une femme, seule en scène, exclue du reste de la communauté ? De quel rituel qui prône le vivant sommes nous capables d’écrire et de rendre visible ? Qu’est-ce que le temps de la représentation ? Comment ornementer de l’organique sans qu’il ne perde ses sens premiers ? De quelle mémoire usons-nous pour avoir des visions ? Et le reste… ?"

Car devant quel monde étrange sommes-nous face à l’évolution détachée de la danseuse aux talons-aiguilles et aux gestes précis qui se répètent, que ce soit pendant les passages silencieux ou pendant les instants sonorisés par une musique amplifiée de Gerome Nox ? La complexité et la perfection du geste dansé sont ici exacerbées pour laisser place à une formidable fantasmagorie et énigme. Comme le titre obscur du solo dont les initiales, B et C renvoient donc à Benvenuto Cellini qui sculpta pour François Ier la Nymphe de Fontainebleau en 1542-1543.

Avec la danse, selon  Christian Rizzo, "c’est cela qui est beau : tu convoques le passé pour être dans le présent, sachant que cela favorise des capacités à aller de l’avant, cela permet de mettre en place des possibilités. Être dans voir : voir à la fois la réalité de ce qui est au travail et à travers elle, son potentiel contenu. C’est à cet endroit que je place le fait artistique (…) Offrir au spectateur les moyens de comprendre les rouages pour que lui-même nous renvoie quelque chose et, à partir de là, commencer à construire ensemble, une communauté, une humanité."

Christian Rizzo fait ses débuts artistiques à Toulouse où il monte un groupe de rock et crée une marque de vêtements, avant de se former aux arts plastiques à la villa Arson à Nice et de bifurquer vers la danse de façon inattendue. Dans les années 1990, il est interprète en Europe auprès de nombreux chorégraphes contemporains, signant aussi parfois les bandes sons ou la création des costumes. En 1996, il fonde l’Association fragile et crée des performances, des installations, des pièces solos ou de groupes en alternance avec d’autres commandes pour l’opéra, la mode et les arts plastiques. Depuis, plus d’une quarantaine de productions ont vu le jour, sans compter les activités pédagogiques.
Christian Rizzo intervient régulièrement dans des écoles d’art en France et à l’étranger, ainsi que dans des structures dédiées à la danse contemporaine.
Son écriture chorégraphique et ses compositions visuelles ont su imposer l’individualité d’un style au-delà du cénacle de la danse contemporaine. De 2007 à 2012, Christian Rizzo est en résidence à l’Opéra de Lille mais il voyage beaucoup, notamment en Asie où il est invité en tant que chorégraphe et plasticien.
Au 1er janvier 2015, Christian Rizzo prend la direction du Centre chorégraphique national de Montpellier – Occitanie, désormais renommé ICI (Institut Chorégraphique International).