Jusqu'au 14 septembre 2020, seules les salles des Nymphéas sont accessibles.
Réservation obligatoire pour tous les visiteurs. Billetterie
Toutes les informations sur les conditions d'accès et de visite sont à retrouver ici.

Danse dans les Nymphéas : Emanuel Gat

Lundi 3 février 2020, 19h et 20h30

Emanuel Gat, Quintette

En partenariat avec Chaillot-Théâtre national de la Danse, dans le cadre de Chaillot nomade.

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© Julia Gat

Artiste associé de Chaillot – Théâtre national de la danse depuis 2018, le chorégraphe israélien Emanuel Gat ouvre un nouveau champ d’expérimentation de la chorégraphie en direct, en écho à l’œuvre immersive des Nymphéas, dans une grande proximité avec le public. Il invite à découvrir un regard contemporain sur les relations des danseurs sur scène, l’impact qu’ils ont sur les autres, et les façons dont ils collaborent pour atteindre la clarté, la précision et la musicalité qui donnent sa beauté à son écriture. Avec le public, c’est l’histoire d’un coup de cœur qui dure pour l’excellence de cette compagnie et sa capacité à appréhender le temps et l’espace comme personne. La limitation des possibilités de composition du fait du nombre restreint de cinq danseurs - Thomas Bradley, Michael Loehr, Eddie Oroyan, Genevieve Osborne et Milena Twiehaus - implique un retour aux bases. L’attention portée au mouvement et la création d’un contexte fort deviennent des enjeux d’autant plus cruciaux. Pour le chorégraphe, c’est une façon d’entrer en contact avec l’imprévu, dans un environnement très dynamique qui oblige à réagir et à se libérer des limites de la scène.

 

"Mon travail est beaucoup moins guidé par la musique qu'il ne peut donner l'impression de l'être. Je m'intéresse bien davantage aux motivations, aux raisons qui précèdent le mouvement. C'est toujours cela mon point de départ et tout le reste émerge par la suite au cours du processus créatif".  Emanuel Gat

D'une création à l'autre, le chorégraphe Emmanuel Gat, installé depuis 2007 dans le sud de la France avec sa compagnie, propose d'examiner au plus près le coeur de la création chorégraphique et les manières de percevoir une oeuvre. Chacune de ses pièces est pensée en étroite collaboration avec ses interprètes. Il aime se décrire comme l’inventeur d’une "langue chorégraphique", à laquelle ses danseurs apporteraient leurs propres mots. Si le contexte change chaque fois, sa démarche reste la même pour dessiner des partitions chorégraphiques complexes et à la dramaturgie puissante qui proposent une multitude d’options et d’actions. De SACRE, une lecture libre et exigeante du chef d’œuvre de Stravinsky qui a reçu le prestigieux prix Bessie Award en 2006 au Festival Lincoln Center à New York à Brilliant Corners dont il signe également la création musicale en empruntant son titre à Thelonius Monk ; de The Goldlandbergs à Corner Etudes en passant par Sunny et Story Waters en 2019 (une création chorégraphique accompagnée de la création d’une partition musicale, FolkDance, que le chorégraphe a signé avec les musiciens de L’Ensemble Modern de Francfort) :  un seul credo, celui du goût pour l'action et une énergie qui se traduisent par une fluidité très vivante et qui semblent venir des vibrations et des rythmes de Tel- Aviv. Car c’est bien dans cette ville qu’il a découvert la danse à l'âge de vingt trois ans après avoir étudié à l'Académie de musique. En Israël, la danse et la musique qui réunissent à la fois les traditions de l'Europe de l'est et les racines du Maghreb sont partout, d'où la confiance absolue d'Emmanuel Gat dans le mouvement pur, la musicalité, l'espace et la composition pour faire partager l’intensité de l’instant. Convaincu que la danse se passe d'explications et de catégories, il laisse l'évidence de la chorégraphie émerger en d’infimes variations. Toute ligne éveille non pas une mais plusieurs directions.

À travers un jeu d'actions et de réactions, à travers des règles et des mécanismes qui s’établissent pour immédiatement se confronter à leurs exceptions, la danse organique d'Emmanuel Gat se déploie allègrement. Comme il aime le dire : "Le plateau devient une aire de jeux pour un groupe de danseurs, un endroit où les forces qui mènent au mouvement prennent leur libre cours, se confrontent et montent en puissance jusqu’à façonner un monde cohérent". Dans une grande concentration et qualité de précision, la création se développe en rejetant toute idée arrêtée et donne à voir des danseurs qui dans des grands mouvements d'ensemble à couper le souffle ou des duos et trios stylisés invitent à voir, à entendre et à sentir autrement.

Emanuel Gat commence à travailler comme chorégraphe en Israël en 1994. Dix ans plus tard, il fonde sa compagnie à Tel-Aviv. Il s’installe en France en 2007 à la Maison de la Danse d’Istres et se produit avec sa compagnie sur les scènes du monde entier. Il est artiste associé au Festival Montpellier-Danse en 2013, 2016 et 2018 et à la Scène nationale d’Albi de 2016 à 2019. Il est régulièrement invité pour créer ou transmettre des pièces à des compagnies prestigieuses telles que le Ballet de l’Opéra de Paris, le Ballet national de Marseille, le Ballet du Grand Théâtre de Genève, la Sidney Dance Company, le Candoco Dance Company ou encore le Ballet de l’Opéra de Lyon.