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Chronologie

MUNICH. LA PROTO-MÉTAPHYSIQUE


1888
Giorgio de Chirico naît le 10 juillet à Vólos, capitale de la Thessalie (Grèce). Son frère Andréa connu sous le nom d’Alberto Savinio (1891-1952), peintre et écrivain, naît trois ans plus tard à Athènes.

1905
Mort du père de Giorgio de Chirico, ingénieur ferroviaire. L’image de cette figure paternelle apparaît régulièrement dans les œuvres du peintre, à travers certains personnages masculins jusqu’aux trains surgissant dans les compositions.

1906-1909
Installation à Munich avec son frère et sa mère après un périple à travers l’Italie. Chirico s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts. Il réalise ses premières œuvres influencées par Arnold Böcklin (1827-1901) et Max Klinger (1857-1920). Lecture des œuvres des philosophes Arthur Schopenhauer (1788-1860), Otto Weininger (1880-1903) et Friedrich Nietzsche (1844-1900).

1909-1911
Séjours à Milan, Rome et Florence. C’est à Rome qu’il a ses premières "révélations" qu’il exprime en 1909 dans ses deux premières peintures métaphysiques, L’Énigme de l’oracle et L’Énigme d’un après-midi d’automne.

1911
Giorgio de Chirico parcourt la ville de Turin durant quelques jours de juillet, suivant les pas du dernier itinéraire de Nietzsche, en proie à une crise de démence restée célèbre. Il gagne ensuite Paris où il rejoint sa mère et son frère.

 

PARIS. LA MÉTAPHYSIQUE


1912
Chirico expose trois œuvres au Salon d’Automne. Ses deux premiers tableaux métaphysiques de 1909 et l’Autoportrait de 1911. Il fait la connaissance d’Amedeo Modigliani (1884-1920), qui y exposait sept cariatides en pierre.

1913. Mai-juin
Rencontre au printemps de Guillaume Apollinaire (1880-1918) qui l’encourage à monter en octobre une exposition d’une trentaine œuvres dans son atelier, rue Notre-Dame-des-Champs. Le poète devient son principal soutien. Il l’introduit dans les milieux d’avant-garde et auprès de Paul Guillaume (1891-1934) qui devient son marchand.

1913. Novembre-décembre
Nouveau cycle créatif qu’il désignera plus tard sous le nom de "solitude des signes", consécutif à ses réflexions sur Arthur Rimbaud (1854-1891) et sur les écrits tardifs de Nietzsche. Il introduit dans ses toiles des objets inanimés dépourvus de tout lien logique entre eux.

1914. 30 janvier
Guillaume Apollinaire dîne chez les Chirico, rue de Chaillot. Il fait à cette occasion la connaissance de la mère et du frère cadet du peintre – Gemma et Alberto. Ce dernier ne tarde pas à collaborer aux Soirées de Paris, fondée par Apollinaire, sous le pseudonyme d’Alberto Savinio.

1914. Paris, 1er avril
La Galerie Paul Guillaume présente une exposition collective de peinture et de "sculptures nègres" incluant des œuvres de Chirico.

1914. Avril-mai
Son amitié avec Apollinaire et leur intérêt commun pour les antiques doctrines orphiques et mystériques infléchissent sa peinture. Apparaît alors la figure du mannequin alter ego emblématique de l’artiste dont la vision porte au-delà du temps et au plus profond des choses.

1914. Florence, 1er juillet
La revue Lacerba publie Italiani all’estero. De Chirico e Savinio, un article du poète et peintre italien Ardengo Soffici (1879-1964) qui marque un tournant dans la fortune critique de Giorgio de Chirico en proposant de lire ses œuvres dans une perspective liée au nationalisme italien.

1915. Paris, 22 mai
Lors de la Grande Guerre, le gouvernement italien ayant décrété la mobilisation générale, les frères Chirico prennent contact avec le consulat de Paris pour s’enrôler et rentrer en Italie. Convaincus que le conflit sera bref, ils conservent leur appartement rue de Chaillot et l’atelier rue Campagne-Première, où Giorgio laisse toutes les œuvres qui n’appartiennent pas à Paul Guillaume.

 

FERRARE. LA GRANDE FOLIE DU MONDE


1915
Répondant à l’appel sous les drapeaux, Giorgio de Chirico et Alberto Savinio arrivent le 31 mai à Florence, en provenance de Paris via Turin, puis rejoignent Ferrare (Emilie Romagne). Déclarés inaptes aux efforts de guerre par les médecins, ils reprennent, à l’automne, leurs travaux artistiques et restent en relation avec le milieu culturel parisien, en particulier avec Paul Guillaume et Guillaume Apollinaire. Picasso peint L’Homme au chapeau melon assis dans un fauteuil en forme d’hommage à Chirico.

1916. Mai
André Breton (1896-1966) découvre la peinture de Giorgio de Chirico chez Guillaume Apollinaire.

1917. Avril-août
Chirico est admis à la Villa del Seminario, hôpital militaire pour maladies nerveuses, en périphérie de Ferrare. Il y retrouve le peintre Carlo Carrà (1881-1961). À l’abri des combats, ils y obtiennent l’autorisation de travailler librement dans les ateliers de rééducation mentale, d’électrothérapie, de prothèses... Ils y créent les principaux chefs-d’œuvre de la peinture métaphysique ferraraise.

1918
Le peintre Giorgio Morandi (1890-1964) commence à son tour à expérimenter le langage métaphysique, après avoir étudié des reproductions d’œuvres de Carrà et de Chirico. Le premier numéro de la revue Valori plastici, éditée à Rome, en novembre, par le peintre et écrivain Mario Broglio (1891-1948), publie des textes de Chirico, Savinio et Carrà.
Le 9 novembre, Apollinaire meurt de la grippe espagnole. Peu après l’armistice du 11 novembre, Chirico quitte Ferrare pour Milan puis Rome.

1919_1920
Le poète et écrivain André Breton raconte sa découverte dans la vitrine de la galerie de Paul Guillaume du tableau Le Revenant (1914), baptisé par le poète Louis Aragon (1897-1982) Le Cerveau de l’enfant.