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Colloque en ligne

Quand New-York regarde l’École de Paris (1930-1950). Réception, relectures, appropriation

À l’occasion de l’exposition Chaïm Soutine / Willem de Kooning, la peinture incarnée.

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Le dialogue que choisit d’instaurer le musée de l’Orangerie entre le peintre de l’École de Paris Chaïm Soutine (1893–1943) et l’expressionniste abstrait américain Willem de Kooning (1904-1997), donne aux chercheurs l’occasion d’explorer la réponse de l’expressionnisme abstrait américain alors naissant, à l’art produit par les artistes européens installés à Paris pendant l’entre-deux guerres. Comme Soutine, dont la force expressive de la peinture a marqué la génération des artistes d’après-guerre et dont l’œuvre a été particulièrement visible aux États-Unis entre les années 1930 et 1950, d’autres artistes européens, peintres et sculpteurs, installés à Paris et associés à la mouvance éclectique de l’École de Paris, ont, eux aussi, exercé un rôle décisif dans l’émergence de ce que l’on a appelé l’expressionnisme abstrait américain.

Après de longues décennies d’affirmation du "triomphe" de l’École de New York et de son autonomie, un état des lieux historiographique paraît non seulement possible mais souhaitable. Le récit univoque de la prise d’indépendance de l’art américain à l’égard du surréalisme semble avoir constitué l’explication "dominante". Des mouvements entiers et leur circulation ont pu être ignorés, considérés comme sans intérêt, et jugés "locaux" ou "périphériques".

La nouvelle génération d’historiens a mondialisé ses sources et remis en question le modèle binaire que constitue l’alternative centre/ périphérie ; elle a utilisé des approches moins monographiques et focalisées, et décentré son propos. Ces travaux montrent, pour ce qui concerne notre sujet, que l’École de New York ne "triomphe" pas avant la moitié des années soixante, mais aussi qu’il faut relativiser son "autonomie".

Ce colloque ambitionne de reprendre les sources pour mieux comprendre cette histoire et incite les candidats à participer à un bilan de ce qui était visible de l’art européen aux États-Unis avant 1950, en termes d’expositions, de revues et de collections particulières.
En s’appuyant sur les trajectoires artistiques individuelles, on souhaite également s’interroger sur les conditions de la naissance de l’expressionnisme abstrait américain dans son rapport à la tradition figurative européenne et notamment française, dans le contexte spécifique de la Seconde Guerre mondiale − avant et après l’entrée en guerre des États-Unis, fin 1941.

Contrairement au surréalisme dont le bilan des apports à la scène artistique américaine a été largement dressé (Paris-New-York, Le Surréalisme en exil), nous ne disposons pas actuellement d’un état des lieux des apports de l’art figuratif européen, tel que réuni, même artificiellement, sous la bannière de l’École de Paris à l’expressionnisme abstrait américain. Les contributions à ce colloque pourront y participer.


Comité scientifique
Claire Bernardi, conservatrice en chef, peintures, au musée d’Orsay
Béatrice Joyeux-Prunel, professeur ordinaire en Humanités numériques à l’université de Genève
Scarlett Reliquet, responsable des cours, colloques et conférences aux musées d’Orsay et de l’Orangerie
Pierre Wat, professeur des universités, Université Paris I Panthéon-Sorbonne.


Horaires

Lundi 29 novembre 2021, de 18h à 22h
Mardi 30 novembre 2021, de 10h à 17h

Le lien de connexion sera communiqué quelques jours avant le colloque.