Danse dans les Nymphéas : Carolyn Carlson

19h et 20h30 : COMPLET

Immersion, solo de et par Carolyn Carlson

Née en Californie en 1943, Carolyn Carlson est une figure majeure de la danse contemporaine.
Depuis sa première apparition devant un public parisien en 1968 au Théâtre des Champs-Elysées, Carlson n’a eu de cesse d’éblouir les spectateurs. Si son corps longiligne se reconnaît entre mille, c’est avant tout sa capacité inépuisable à transfigurer le moindre geste, le moindre mouvement qui frappe l’observateur attentif. Proche de la performance, empreint de spiritualité et de philosophie, le travail de Carlson tient moins de la danse que de la "poésie visuelle".
Au musée de l’Orangerie, la chorégraphe et interprète américaine présente son solo Immersion, dansé une première fois en 2010 au Théâtre National de Chaillot.
En écho à l’élément aquatique des Nymphéas, Carlson offre une plongée au plus profond des vagues et du mouvement, comme une invitation à entrer au tréfonds de soi.
Plus qu’aucune autre pièce, Immersion traduit la capacité de Carlson à littéralement incarner un thème. À la fois charnel et éthéré, le solo donne vie au flux et reflux des vagues qui surgit du corps même de la danseuse.

c_carlson_.jpg

Photo © Laurent Philippe

Un univers poétique en mouvement créatif permanent
Depuis presque 50 ans, Carolyn Carlson bouscule la danse contemporaine. Sa danse, tournée vers la philosophie et la spiritualité, se définit comme une véritable "poésie visuelle".
Dans son solo Immersion, Carolyn Carlson, "Water lady" éternelle, incarne le geste pur et unique comme une émanation du mouvement aquatique dans sa métamorphose infinie. Aux sons des vagues, la chorégraphe s’immerge dans sa fluidité, sa présence intense aux profondeurs insondables. Les gestes de Carlson, tout en ronds et en spirales, portent "cette danse qui ne dit pas, mais qui est".
"Sur scène je ne pense pas, je suis la forme de ce que je danse, je suis eau, vague, vent…" (1) aime à répéter celle que l’on surnomme "Blue Lady", d’après son solo de 1983.
C’est dans le solo que l’on peut sans doute comprendre le mieux  l’énergie essentielle et originelle de Carlson, chaque soliste inventant une manière propre de plonger en lui.
Aujourd’hui, tout en continuant à interpréter ses solos, Carolyn  Carlson dirige sa propre compagnie laquelle, parallèlement à la diffusion, son cœur d’activité, s’oriente aussi vers de nouvelles formes de création telles que la réalisation de longs-métrages et  d’expositions. Exprimer et transmettre son univers créatif reste une ligne de force.  
Le phénomène Carlson procède, à l’origine, d’un univers familial transculturel et d’un espace de liberté, comme l’écrit l’auteur Thierry Delcourt, dans un essai biographique consacré à la chorégraphe : "L’empreinte active de l’atmosphère et du mouvement de son enfance se retrouve dans sa création, qui va de la contemplation à la mise en action créative d’une perception aiguë de ce qui l’entoure, de sa confrontation au mystère. Liberté, espace, énergie, gravité, osmose sont les conditions de sa créativité en interaction permanente avec le monde" (2).

Biographie
Née en Californie, Carolyn Carlson se définit avant tout comme une nomade. De la baie de San Francisco à l’Université d’Utah, de la compagnie d’Alwin Nikolais à New York à celle d’Anne Béranger en France, de l’Opéra de Paris au Teatrodanza La Fenice à Venise, du Théâtre de la Ville à Helsinki, du Ballet de l’Opéra de Bordeaux à la Cartoucherie de Paris, de la Biennale de Venise à Roubaix, Carolyn Carlson est une infatigable voyageuse, toujours en quête de développer et faire partager son univers poétique.
Héritière des conceptions du mouvement, de la composition et de la pédagogie d’Alwin Nikolais, elle est arrivée en France en 1971. Elle a signé l’année suivante, avec Rituel pour un rêve mort, un manifeste poétique qui définit une approche de son travail qu’elle n’a pas démenti depuis : une danse assurément tournée vers la philosophie et la spiritualité. Au terme "chorégraphie", Carolyn Carlson préfère celui de "poésie visuelle" pour désigner son travail. Donner naissance à des œuvres témoins de sa pensée poétique, et à une forme d’art complet au sein de laquelle le mouvement occupe une place privilégiée.
Depuis quatre décennies, son influence et son succès sont considérables dans de nombreux pays européens. Elle a joué un rôle clef dans l’éclosion des danses contemporaines françaises et italiennes avec le GRTOP à l’Opéra de Paris et le Teatrodanza à La Fenice. Elle a créé plus d’une centaine de pièces, dont un grand nombre constituent des pages majeures de l’histoire de la danse, de Density 21,5 à The Year of the horse, de Blue Lady à Steppe, de Maa à Signes, de Writings on water à Inanna. En 2006, son œuvre a été couronnée par le premier Lion d’Or jamais attribué à un chorégraphe par la Biennale de Venise. Elle est aussi commandeur des Arts et Lettres, et officier de la Légion d’honneur.
Fondatrice de l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson à La Cartoucherie en 1999, elle a été, avec la Carolyn Carlson Company, artiste associée au Théâtre National de Chaillot de 2014 à 2016. En 2017, en parallèle du cœur d’activité de la compagnie axé sur la diffusion, de nouvelles formes de créations voient le jour : une exposition pour les musées, un long-métrage dansé pour le cinéma… 

Sources
(1) Dominique Simonnet , Je cherche le geste unique et pur, L’Express, le 7 novembre 2002
(2) Carolyn Carlson, De l’intime à l’universel, Thierry Delcourt, Actes Sud 2015
Présentation de Immersion sur le site de la Carolyn Carlson Company :  carolyn-carlson.com / creations
Isabelle Danto, Carolyn Carlson, Transmettre un solo de danse, Revue Esprit Mars-Avril 2010