Édito

UNE SAISON SOUS LE SIGNE DE LA COULEUR

À partir de l’automne 2018, le musée de l’Orangerie ouvre deux salles, au niveau des collections permanentes, qui vont être dévolues à de nouvelles présentations d’œuvres afin d’offrir des relectures de la collection et d’accompagner les temps forts de la programmation. Celle-ci est construite sous le signe de la couleur.

En automne, l’exposition Les Contes cruels de Paula Rego mettra en lumière les liens entre l’univers baroque, romanesque et politique de cette puissante artiste femme de l’École de Londres et des sources visuelles et littéraires du XIXe siècle, Goya, Redon, Grandville, Degas ou les sœurs Brontë et Balzac.

Au printemps, première rétrospective croisée, en France, des peintres expressionnistes allemands, Franz Marc et August Macke, dont les éblouissants tableaux colorés de paysages et d’animaux ont incarné le mouvement du Blaue Reiter. 

Dans le parcours de visite des collections permanentes seront proposés dans un nouvel espace des focus sur des thèmes ou des œuvres en rapport avec la collection Jean Walter-Paul Guillaume, mêlant œuvres peintes, sculptées ou graphiques et archives papier, sonores ou filmiques. Le premier de ces focus sera consacré à l’amitié entre Claude Monet et Georges Clémenceau, à partir du 12 novembre 2018, dans le cadre de l’année Clemenceau et de la Mission pour le Centenaire de la Grande Guerre.

La nouvelle salle contemporaine accueillera une série de contrepoints avec le chef d’œuvre du lieu, les Nymphéas. Seront montrées régulièrement des œuvres contemporaines – peinture, photographie, sculpture, vidéo, installation – relevant d’une large inspiration issue de cette œuvre in-situ immersive, paysagère, florale ou colorée, végétale ou organique, contemplative ou spirituelle, légère ou mélancolique voire inquiétante. En octobre, au moment de la Nuit blanche et de la FIAC, l’artiste américain Richard Jackson concevra un ensemble de wall paintings en un hommage puissant et décalé aux Nymphéas

Ces notes contemporaines insufflent au musée de l’Orangerie une tonalité nouvelle, renforcée par un tout nouveau programme, Danse dans les Nymphéas, lancé en juin dernier par un Event de Merce Cunningham, rendez-vous mensuels de miniatures autour du répertoire moderne et contemporain, par les plus grands chorégraphes qui feront de chaque soirée un événement unique.

Enfin comme chaque année, dans le cadre de la Nuit Blanche, le 6 octobre, la Nuit du Quatuor se déroulera jusqu’au petit matin, en une suite de concerts, conçue par ProQuartet, de pièces musicales de chambre ponctuées de créations contemporaines écrites par des compositrices.

Je souhaite que ces multiples rendez-vous et rencontres construisent ce musée inspirant et accueillant en un lieu vivant et cohérent de contemplation, de plaisir et de réflexion.


Cécile Debray, directrice du musée de l’Orangerie